David Guetta – 7

Written by Florian Grenier on 15 septembre 2018


Le septième album de David Guetta vient de sortir. Après “Just a little more love” en 2002, “Guetta Blaster” en 2004, “Pop Life” en 2007, “One love” en 2009, “Nothing but the beat” en 2011 et “Listen” en 2014, voici le très attendu “7”.

La particularité de cet album est qu’il est composé de deux CDs.

Le premier sous le nom de David Guetta où nous retrouvons le style propre au DJ & producteur Français et un second signé sous le nom Jack Back. Il s’agit d’un pseudo de David Guetta qui porte le même nom que le label qu’il a fondé en 2012. Peu, voir pas de communication sur cet alias, la promesse d’un univers sombre et plus underground que jamais, voilà qui titille notre curiosité !

Alors, passons cet album en revue et analysons les choix musicaux du DJ au plus de 52 millions de fans sur Facebook !


Le premier CD nous présente le David Guetta d’aujourd’hui

Un univers assez varié mais qui surfe sur les tendances musicales. On y découvre des morceaux très Pop comme le “Don’t Leave Me” (en featuring avec Anne-Marie)  ou “Battle” avec Faouzia. Pas de prise de risque mais pas de faux pas non plus. C’est sans surprise que nous retrouvons sa collaboration avec Sia : “Flames” sortie quelques mois plus tôt sur Warner Music.

Certes, la Pop se vend bien auprès du public, mais l’autre style vers lequel semble vouloir se tourner les DJ’s c’est le Reggaeton et les sonorités Latino ! “Say My Name” et “Goodbye” sont les preuves de cette exploration artistique. En collaboration avec les hits-makers du style (J. Balvin ou encore Willy William) nous retrouvons là encore des morceaux “classiques” qui ne nous surprennent pas. La qualité de production est là, mais c’est d’originalité que manquent ces morceaux. Ils sont taillés et créés dans l’optique d’être des tubes radios et c’est peut-être dommage. Il faut dire que les autres noms qui y sont associés sont fait pour vendre (Nicky Minaj, Jason Derulo, etc…)

Nous restons donc sur notre faim en ce début d’album et aimerions plus de diversité. Viennent ensuite les collaborations avec Justin Bieber (“2U“) et Martin Garrix (“Like I Do“). Pas de surprise là encore car les morceaux étaient déjà connus. On peut tout de même souligner la complicité entre Martin Garrix et celui qui pourrait être son père. L’univers Pop du Français et la touche électro très moderne du jeune Hollandais se mélangent bien pour donner au final un morceau assez frais qui a su conquérir le public tout au long de l’été.

Après le Latino… les sons Urbains.

Alors que nous pensions en avoir fini avec cet univers latino pour arriver à de nouvelles sonorités électroniques, nous retrouvons un univers Hip hop/ Urbain avec “Motto“. Un titre qui nous surprend et qui reste assez éloigné de l’univers “Dance”. Cette fois-ci c’est le monde de Steve Aoki qu’explore David Guetta. Le morceau marchera sans aucun doute. Il est dans l’air du temps pour toucher un public très large non forcément attaché à la musique électronique.

L’album se poursuit avec une collaboration là aussi originale : “Drive“, en collaboration avec l’excellent “Black Coffee”. Assez surprenant de voir ces deux noms se réunir, mais pourquoi pas… Il s’agit de notre morceau préféré de ce premier CD. Un titre assez léger qui s’écoute facilement mais bien construit. Il sait nous séduire et surtout apporte finalement un nouveau style sur un album qui commençait à tourner en rond.

Les morceaux s’enchaînent et nous voilà au dernier titre de ce premier CD : “Light Headed” en collaboration avec Sia. Un morceau Pop électro mêlant plusieurs influences de l’album et nous faisant penser aussi à l’univers de Martin Garrix.

Alors ce premier CD ?

Au final, ce premier CD est assez fidèle au style vers lequel David Guetta semble se diriger ces dernières années. Plus pop qu’électro mais toujours avec cette facilité de créer des airs entêtants. La direction vers les styles reggaeton elle est plus surprenante car trop présente au final sur ce premier CD. Malheureusement, elle ne nous parait pas forcément pertinente car elle donne une impression de déjà entendu et n’apporte pas de réelle fraîcheur. L’époque ou David Guetta innovait avec une pop électro très dansante semble révolue. Il est vrai que nous aurions aimé plus de prise de risque et d’originalité. Les morceaux qui sortiront en single marcheront sans aucun doute mais peut-être grâce à des noms qui font vendre et non pour leur qualité pure. De plus, l’enchaînement des morceaux nous paraît assez brouillon et aurait pu être construit différemment.

Après cet avis plutôt mitigé sur le premier CD attaquons le second… 

…qui se veut plus sombre et underground sous cet alias de Jack Back !

Disons que le contraste de style est plus que saisissant. Nous nous retrouvons tout de suite immergé dans un univers House, Tech-House assez sombre. Nous avons des sonorités de club puristes qui donne une ambiance bien différente.

Il y règne même une atmosphère plutôt rétro notamment avec “Freedom” qui nous remémore les premiers albums du Frenchy surtout au niveau du travail de la voix. Si le premier CD pouvait décontenancer les fans de la première heure de David Guetta, les plus récents auront peut-être du mal à appréhender ce second disque. Les fans de sons progressifs pourront se régaler des excellents “Inferno” ou “Overtone” proposants un son délicat à la noirceur jubilatoire.

Nous retrouvons aussi avec plaisir le ténébreux “Pelican” que nous avions pu entendre sur l’édition deluxe de l’album “Listen“.

Le coup de coeur: “Think, Think, Think

Think, Think, Think” est l’un de nos morceaux coup de coeur. Une progression forte et une mélodie hypnotique nous emporte dans un univers clubbing enivrant. Ce style est tout à fait dans l’air du temps et nous sentons diverses influences et tendances actuelles. Des airs même un petit peu Trancy viennent se glisser dans le titre. Tout ça est bien intéressant et nous en demandons encore !

Ça tombe bien car c’est dans cet esprit que se poursuit et se conclut ce second CD. Des mélodies planantes et progressives assez légères, qui nous bercent et nous permettent de nous évader en douceur dans des contrées musicales éloignées nous faisant oublier le nom de David Guetta pour n’en retenir qu’un : Jack Back ! 

En conclusion

Le premier CD nous laisse sur notre faim à cause de sons assez plats manquants de saveurs et de surprises. Il est finalement plus Pop, reggaeton qu’électro et marque (s’il y encore besoin de le prouver) l’ouverture des DJ’s à des sons plus généralistes et grand public. David Guetta ne cherche pas à proposer un album club mais un opus aux sonorités modernes et radiophoniques. Il serait même intéressant d’étudier l’impact que pourraient avoir ces morceaux si le nom de David Guetta n’y était pas associé. Seraient-ils autant appréciés et mis en valeur, ou se noieraient-ils dans une masse de nouveautés toutes semblables ?

Concernant le CD 2, nous ne pouvons que saluer cette ouverture à un son plus épuré et club de la part d’un artiste aussi important que David Guetta. Son charisme et aura international fait vendre, une bonne chose pour lui certes, mais également pour la scène House/ Tech House. Un public non averti va pouvoir découvrir un son qui ne l’intéressait  (peut-être) pas jusqu’à présent, et sera quelque part plongé dedans à l’écoute de l’album. Les réactions seront donc intéressantes à suivre. Entre fans inconditionnels perdus par ce son différent et “haters” éternels ne sachant que trop dire face à cette ouverture musicale loin des circuits commerciaux, le débat promet d’être intéressant !

L’émission Baskstage diffusée le 17 septembre 2018 reprend la carrière de David Guetta de ses débuts jusqu’à aujourd’hui. A revoir et écouter sur les replay.

Retrouvez la liste des titres sur la page dédiée de wikipedia !


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